RÉC | CSN Depuis ses débuts jusqu'à aujourd'hui, 2005 à 2025
Christl Verduyn, Mount Allison University

Les origines du Réseau d’études canadiennes | The Canadian Studies Network (RÉC | CSN) remontent à une réunion tenue en avril 2005 à l’Université d’Ottawa. Des membres du corps professoral et des étudiantes et étudiants de 2e ou 3e cycle provenant de différents programmes en études canadiennes à travers le pays, se réunirent à l’Institut d’études canadiennes de l’université pour examiner la pertinence et la nécessité d’une nouvelle manière d’assurer la tenue de réunions annuelles destinées à aborder, à analyser et à explorer les orientations en matière d’enseignement et de recherche ainsi que les problématiques courantes. Avant 2002, les membres du corps professoral et les étudiantes et étudiants en études canadiennes se rencontraient au Congrès annuel (anciennement connu sous le nom « Les savants ») dans les colloques et événements organisés par l’Association d’études canadiennes (AEC). À cette période également, les administrateurs et administratrices de programmes en études canadiennes (chefs de départements, directeurs et directrices, administrateurs et administratrices) avaient l’occasion d’examiner les enjeux administratifs et les stratégies à adopter. Après 2002, l’AEC ne se réunissant plus dans le cadre du Congrès annuel, les membres du corps professoral et les étudiantes et étudiants en études canadiennes commencèrent à envisager des solutions de rechange afin d’assurer la continuité des échanges intellectuels et administratifs.
La rencontre tenue en avril 2005 s’avéra positive, productive et pragmatique. Il fut décidé que l’organisation d’une réunion annuelle soit rétablie pour les membres du corps professoral et les étudiantes et étudiants des programmes en études canadiennes grâce aux efforts collectifs des programmes en études canadiennes qui deviendraient hôtes à tour de rôle. Un plan flexible sur cinq ans fut défini, la première rencontre devant avoir lieu à l’Université Trent à l’automne 2005 et à l’Université Carleton en 2006. En tant que partenaires du programme doctoral conjoint en études canadiennes de Trent-Carlton, l’idée de tenir les deux premières rencontres à Trent et à Carlton garantissait d’emblée la participation des étudiantes et étudiants de maîtrise et de doctorat. Les rencontres suivantes auraient lieu dans le cadre des ateliers, des symposiums, des conférences et d’autres événements que le programme hôte en études canadiennes organiserait. Grâce à cette approche, les membres du corps professoral et les étudiantes et étudiants pouvaient bénéficier de financement en soutien à la recherche pour défrayer leur déplacement. Tout aussi pratique fut la décision d’opérer avec une structure simple de comité de direction. Un portail web, hébergé sur le site de l’Institut d’études canadiennes de l’Université d’Ottawa, offrait un moyen de communiquer tout au long de l’année et à travers le pays.
Les plans initiés lors de la réunion d’avril 2005 du corps professoral et des étudiantes et étudiants en études canadiennes à Ottawa prennent une importance accrue en 2007 lorsque l’AEC se retire du Conseil international d’études canadiennes (CIEC). Cela signifia que les étudiantes et étudiants canadiens ne pouvaient plus accéder aux programmes du CIEC, y compris les bourses.
En novembre 2008, une rencontre à l’École en études canadiennes de l’Université de Carlton relança les plans de 2005. Les collègues et les étudiantes et étudiants se mobilisèrent, avec un engagement et une énergie renouvelés, pour mettre en place une organisation savante destinée aux professeures et professeurs et aux étudiantes et étudiants en études canadiennes au niveau universitaire. Les discussions se poursuivent lors du colloque de février 2009 intitulé « Études canadiennes : état des lieux », qui eut lieu à l’Université Mount Allison. À la fin du colloque, on demanda au comité de direction revitalisé, qui opérait à présent sous le nom de Réseau canadien d’études canadiennes (RCEC), d’examiner une constitution et un mandat qui seraient discutés à l’Université Trent en novembre 2009. On invita le RCEC à envoyer un observateur à l’assemblée générale annuelle du CIEC en mai 2009. En tant que représentante du réseau, je présentai un rapport sur le développement du RCEC à l’assemblée internationale des canadianistes, qui avait manifesté son intérêt et son soutien aux activités du RCEC. Ces efforts se concrétisèrent lors de la réunion du RCEC de novembre 2009. D’importants progrès furent réalisés pour formaliser le Réseau, qui est désormais constitué en société sous le nom de Réseau d’études canadiennes | Canadian Studies Network.
En 2010, le RÉC | CSN rédigea sa constitution, développa une structure administrative officielle, détermina une grille tarifaire, puis conçut et lança un site web autonome offrant des informations et des ressources sur les études canadiennes à l’intérieur et à l’extérieur du Canada. En mai 2010, Colin Coates représenta le RÉC | CSN lors de la réunion annuelle du CIEC et exprima l’intention du Réseau à devenir membre associé du CIEC. Cet objectif se réalisa en 2011 grâce aux efforts du premier Conseil d’administration du RÉC | CSN élu en novembre 2010 lors du colloque annuel « Two Days of Canada » de l’Université Brock. Depuis, le RÉC | CSN tient des réunions annuelles, conformément à sa constitution et à son engagement envers l’étude interdisciplinaire du Canada par le biais de conférences académiques et de publications.
Colin Coates, Collège Glendon, Université York (2010-2014)

Peu après mon retour au Canada en 2004 pour occuper un poste en études canadiennes au Collège Glendon, j’ai appris que l’Université York accueillerait le Congrès des sciences humaines de 2006. J’ai donc écrit à l’Association d’études canadiennes | Association for Canadian Studies (AÉC | ACS) pour offrir de les aider à organiser leur conférence annuelle dans le cadre du congrès. Je savais que l’AÉC | ACS avait tenu des rencontres dans le passé pendant le congrès. Mon approche fut rejetée d’emblée et j’ai compris que quelque chose n’allait pas.
L’AÉC | ACS avait cessé de fonctionner en tant que groupe représentant des universitaires qui enseignaient et effectuaient de la recherche en études canadiennes au Canada, même si l’association maintenait d’autres activités. J’avais, auparavant, passé neuf ans à enseigner au Centre des études canadiennes de l’Université d’Édimbourg, en travaillant en étroite collaboration avec l’Association britannique d’études canadiennes et je connaissais le rôle du Conseil international des études canadiennes | International Council for Canadian Studies (CIÉC | ICCS), le groupe de coordination des activités d’études canadiennes à travers le monde. Lorsque l’AÉC | ACS a annulé son adhésion, il n’y avait plus aucun organisme représentatif des études canadiennes impliqué dans le CIÉC | ICCS. Ça m’a paru ironique et inacceptable.
Face à ce manque de soutien académique, un groupe de professeurs et professeures et étudiants et étudiantes investis dans les programmes d’études canadiennes, ont organisé une série de rencontres pour aller de l’avant (voir figure 1). Nous en avons conclu qu’il était nécessaire de mettre en place une nouvelle association savante dédiée aux études canadiennes au Canada. L’Université Trent est devenue l’établissement de rattachement, c’est-à-dire l’adresse postale de l’institution, et la directrice du Centre Frost, Julia Harrison, a joué un rôle majeur dans l’obtention d’un soutien administratif alors que nous faisions face aux complexités liées à la création d’un organisme sans but lucratif. Lynda Mannik, ancienne étudiante de cycle supérieur de l’Université Trent et de l’Université York, a pensé à de nombreux détails et a apporté une sensibilité artistique raffinée à notre marque. En 2012, Karli Whitmore s’est jointe à l’équipe pour gérer le site web du RÉC | CSN, rôle qu’elle a conservé jusqu’à sa retraite en 2026. Les annonces de poste maintenues par Karli constituent une contribution essentielle de notre association au développement professionnel de ses membres.
Figure 1: Réunions de planification pré-RÉC | CSN
2005 : Université Trent (discussion plutôt que conférence)
2005 : Université d’Ottawa (discussion plutôt que conférence)
2008 : Université Carleton
2009 : Université Mount Allison
2009 : Université Trent (planification, avec quelques présentations)
2010 : Université Brock (première réunion officielle du Réseau)
Nous avons fait l’ébauche d’une constitution pour le RÉC | CSN et avons travaillé en étroite collaboration avec le CIÉC | ICCS. Nous avons été chaleureusement accueillis dans l’association et en 2011, nous sommes devenus des membres à part entière. Dès le départ, nous voulions établir une organisation bilingue, même si nous reconnaissons que la plupart des programmes qualifiés d’« études canadiennes » se trouvaient dans des établissements anglophones.
Au cours des premières années du RÉC | CSN, nous souhaitions mettre l’accent sur notre rôle académique. Nous nous sommes donc alliés à certains centres d’Études canadiennes à travers le pays en tenant nos assemblées générales annuelles dans le cadre de leurs conférences thématiques, dont certaines relevaient de leur cycle annuel d’activités tandis que d’autres permettaient d’élargir la portée disciplinaire et géographique de notre association (voir figure 2).
Nous avions choisi de ne pas faire partie de la Fédération des sciences humaines, en partie pour des raisons financières, mais aussi parce que notre nature multidisciplinaire ne permettait pas de nous rencontrer dans le cadre du Congrès. Déjà, pour les nombreux membres qui prévoyaient participer aux rencontres de leur propre discipline, ajouter une autre conférence en même temps aurait allongé leur présence au congrès. Le RÉC | CSN n’avait pas la capacité d’organiser ses propres colloques annuels et nous comptions sur les centres locaux pour nous accueillir.
Figure 2: Historique des colloques
2011 : Collège Glendon, Université York
2012 : Université de la Colombie Britannique
2013 : Université Saint-Mary – Université Mount Allison
2014 : Université de l’Île-du-Prince-Édouard
2015 : Université McGill
2016 : Université Carleton
2017 : Université York
2018 : Université St-Boniface
2019 : Association d’études canadiennes aux États-Unis (à Montréal)
Les programmes d’études canadiennes à travers le pays sont confrontés au défi de recruter des étudiantes et étudiants qui choisissent une majeure dans ce domaine. En général, nos cours attirent toute une gamme d’étudiantes et d’étudiants d’autres disciplines, mais les universités ont tendance à favoriser les programmes qui ont un grand nombre de majeures. Nous nous sommes rendus compte que le fait que les « études canadiennes » ne figuraient pas parmi les matières «enseignables », réduisait notre capacité à recruter des étudiantes et des étudiants, malgré sa pertinence évidente pour les curricula provinciaux des niveaux élémentaires et secondaires. Nous nous sommes ainsi engagés dans des discussions annuelles pour trouver une manière de faire reconnaître les « études canadiennes » comme matière d’enseignement distincte en Ontario, mais le long processus nous a malheureusement dissuadés de poursuivre cette option.
Le RÉC | CSN a continué d’évoluer dans un contexte caractérisé par une réduction de l’accent mis sur les « études canadiennes » dans de nombreuses universités, et par la décision mal avisée du gouvernement fédéral, en 2012, de mettre fin au programme « Comprendre le Canada | Understanding Canada » destiné aux canadianistes internationaux. Ce programme visait à accroître l’intérêt académique envers l’étude du Canada à l'extérieur du pays et par conséquent n’a jamais été au cœur de nos activités. L’annulation de ce programme a porté un coup au moral des canadianistes à travers le monde et les gouvernements suivants n’ont pas restauré de telles opportunités de financement.
Jane Koustas, Université Brock (2014-2016)

Ce fut un plaisir et un honneur de servir comme présidente du Réseau d’études canadiennes | Canadian Studies Network (RÉC | CSN) de 2014 à 2016. J’ai eu la grande chance de succéder à des présidents et présidentes exceptionnels et d’être soutenue par un excellent conseil d’administration. Dans le cadre de mes fonctions de représentante des études canadiennes aux niveaux local, national et international, j’ai conçu mon rôle comme étant celui d’une promotrice, d’une bâtisseuse de communautés et d’une créatrice de réseaux.
Sur la scène locale et en particulier au sein de mon institution d’attache, il m’a semblé essentiel d’accroître la sensibilisation à la contribution considérable que les études canadiennes apportent au développement de la connaissance et de la recherche universitaires ainsi qu’à la formation des étudiantes et étudiants. À ce sujet, j’aimerais ajouter que faire progresser les études canadiennes est une tâche moins ardue que de promouvoir un centre ou un département désigné comme « études canadiennes » car ce dernier serait en concurrence avec d’autres unités. Les cours offerts par le Centre d’études canadiennes permettent aux étudiantes et étudiants d’acquérir une perspective interdisciplinaire de l’histoire, de la culture, de la politique, de la sociologie et de l’économie du Canada, ce qui n’est pas le cas dans les programmes spécifiques à une discipline. Cet avantage devrait être renforcé dans toutes les réunions et événements au sein de l’université et de la communauté au sens large. En réunissant des canadianistes de l’ensemble de l’université pour servir, par exemple, la communauté de l’Université Brock, siéger au conseil, ou participer à des événements tels que le colloque annuel « Two Days in Canada » ou le parternariat continu de l’Université Brock avec la State University de New York à Buffalo et avec d’autres institutions proches des deux côtés de la frontière, le Centre créé des réseaux et des communautés de chercheurs et chercheuses qui, en découvrant des points de convergence en recherche, forment de véritables pôles de recherche. Les étudiantes et étudiants bénéficient énormément de toutes les activités impliquant les étudiants et les chercheurs d’autres universités ; ils comprennent la valeur des études canadiennes. Le RÉC | CSN organise activement et promeut ces activités et grâce au réseautage, les encourage fortement.
Il est de plus en plus important de faire pression sur le recrutement dans toute l’université pour faire avancer les études canadiennes. Lorsque les canadianistes, dont certains ont été embauchés pendant les mesures incitatives inspirées du Rapport Simons, prennent leur retraite, en général ils ne sont pas remplacés par des chercheurs et chercheuses qui se concentrent sur le Canada. Les matières, comme l’histoire canadienne, la littérature, y compris la littérature canadienne en français, la géographie et la politique du Canada, sont enseignées moins souvent et par des instructeurs et instructrices à temps partiel qui, bien qu’ils soient très compétents, ne sont pas nécessairement invités à contribuer au développement global de la recherche et des programmes de l’université. Le rôle du RÉC | CSN est de signaler cette lacune et de trouver des solutions pour y faire face.
Pendant ma présidence, j’ai eu le privilège de diriger le programme des prix. Ce programme constitue un élément essentiel au rayonnement de l’organisation car les prix offrent aux étudiantes et étudiants ainsi qu’aux chercheurs et chercheuses débutants et chevronnés une reconnaissance importante. Les prix permettent également de publiciser les réalisations majeures des canadianistes et devraient être annoncés et célébrés dans les universités des récipendiaires et au niveau national et international.
Le site web du RÉC | CSN met en avant l’organisation, favorise les relations entre ses membres et constitue un excellent outil de promotion démontrant la force et le professionnalisme du RÉC | CSN. En tant que déléguée du Conseil international des études canadiennes | International Council for Canadian Studies (CIÉC | ICCS), la présidence du RÉC | CSN a l’immense opportunité de publiciser la grande réussite des étudiantes et étudiants ainsi que des professeures et professeurs, de tenir informer les collègues sur les développements en matière de recherche et d’enseignement, et de créer des réseaux. Le CIÉC reste activement impliqué dans l’obtention de subvention gouvernementale et, en qualité de délégué ou déléguée au niveau national, le président ou la présidente du RÉC | CSN peut contribuer à cet effort.
À titre de présidente, j’ai été reconnaissante d’avoir eu l’occasion de promouvoir les études canadiennes en dirigeant le RÉC | CSN et, également, en participant à un large éventail d’activités. Celles-ci incluent des conférences académiques, la participation à des conseils ou à des comités d’évaluation pour la Fédération des sciences humaines pour le CIÉC | ICCS, ainsi que la présence à des événements locaux et nationaux tels que des cérémonies de remise de prix et des ateliers de recherche. Au sein de mon institution, l’Université Brock, j’ai pris part à des réunions, bien que controversées, sur l’avenir des études canadiennes.
Andrea Beverley, Université Mount Allison (2016-2018)

Les membres fondateurs du Réseau d’études canadiennes | Canadian Studies Network (RÉC | CSN) ont fait preuve de prescience lorsqu’ils ont choisi les termes réseau et network pour décrire le groupe qu’ils venaient de créer. En effet, mon expérience au sein du RÉC | CSN a été marquée par l’accueil chaleureux reçu dans des réseaux nationaux et internationaux réunissant des personnes ouvertes partageant des intérêts de recherche communs. J’ai occupé les postes de vice-présidente (2015-2016), puis de présidente (2016-2018) et enfin de présidente sortante (2018-2019). Nous tenions des réunions virtuelles du conseil d’administration (que nous appelions alors des « téléconférences » à une periode antérieure aux rencontres en ligne omniprésentes) et nous nous réunissions en personne pour notre assemblée générale annuelle. À ce stade, plusieurs éléments fondamentaux du RÉC | CSN étaient déjà en place : des annonces régulières par courriel, des prix annuels, des adhésions à plusieurs niveaux et un soutien administratif.
Même si nous étions satisfaits de la vaste portée des listes de diffusion et des adhésions du RÉC | CSN, nous voulions entrer en relation avec de nouvelles communautés de chercheurs et chercheuses. Nous avons ainsi développé un dépliant promotionnel en format carte postale (bilingue avec une jolie palette de couleurs automnales, si je me souviens bien) à distribuer lors de toute conférence ou événement pertinent. Nous avons aussi programmé notre Assemblée générale annuelle de 2018 en conjonction avec le colloque « La Francophonie de l’Ouest, d’hier à demain », pour rencontrer des chercheurs et chercheuses qui travaillent en français en dehors du Québec et des provinces maritimes. Ce colloque, qui a eu lieu à l’Université Saint-Boniface, était l’occasion de découvrir en personne les diverses communautés francophones du Canada, bien au-delà de mon contexte acadien de la côte Est. Cet exemple illustre la façon dont les thèmes que nous abordons dans nos cours d’études canadiennes et qui reviennent régulièrement dans les discussions culturelles canadiennes au sens large — en l’occurrence, la diversité de la francophonie — prennent forme concrètement dans le fonctionnement d’organisations comme le RÉC | CSN. En dehors des frontières étatiques, c’est grâce au RÉC | CSN que j’ai rencontré pour la première fois le Conseil international des études canadiennes | International Council for Canadian Studies (CIÉC | ICCS). Collaborer avec des spécialistes en études canadiennes du monde entier est une expérience enrichissante et révélatrice, bénéfique à tout canadianiste établi au Canada.
Ce qui m’a également apporté beaucoup de satisfaction en ma qualité de présidente du RÉC | CSN était le privilège d’annoncer l’attribution de bourses et de prix étudiants à des lauréats et lauréates méritants. Je me souviens, par exemple, d’avoir communiqué avec des étudiants et étudiantes de 2e et 3e cycle pour qui l’obtention d’un financement du RÉC | CSN signifiait la possibilité de présenter, pour la première fois, leurs recherches dans des colloques interdisciplinaires à l’étranger. Je me souviens aussi d’avoir pris part à la célébration lorsque Brittany Luby reçut le Prix de la meilleure thèse de doctorat pour sa thèse intitulée « Drowned: Anishinabek Economies and Resistance to Hydroelectric Development in the Winnipeg River Drainage Basin, 1873-1975 », laquelle a ensuite remporté le Prix Brian Long de meilleure thèse de doctorat en études canadiennes au niveau international. Les prix et distinctions mettent en lumière des contributions scientifiques majeures offrant des perspectives critiques et novatrices sur cette partie du Nord de l’Île de la Tortue. Ils changent certainement les choses du point de vue du parcours individuel, mais ils profitent aussi à l’ensemble des chercheurs et chercheuses qui prennent connaissance de ces travaux lorsqu’ils sont reconnus et diffusés par le RÉC | CSN.
Lorsque je me suis jointe au Conseil d’administration du RÉC | CSN, je n’avais toujours pas la permanence : j’étais une chercheuse en début de carrière et ne faisait partie du programme d’études canadiennes que depuis quelques années. Travailler avec les autres membres du Conseil et le réseau plus élargi du RÉC | CSN, a été formateur pour moi. J’ai eu le privilège de collaborer avec des collègues distingués, y compris Jane Koustas, Kevin Spooner, Peter Thompson, Colin Coates, Renée Hulan, Eyitayo Aloh et bien d’autres. À mon institution d’attache, l’Université Mount Allison, Christl Verduyn et Andrew Nurse se sont révélés des mentors exemplaires. Aujourd’hui, plus de dix ans après mon implication au sein du RÉC | CSN, je continue à conserver une adhésion individuelle et institutionnelle, et à cliquer sur les liens hebdomadaires qui m’informent de l’actualité et des opportunités auxquelles je n’aurais pas eu accès autrement. Je pense que c’est le cas pour de nombreuses personnes dans ce large réseau/network interdisciplinaire.
Renée Hulan, Université Saint Mary’s (2018-2021)
Lorsque les collègues, sous la direction de Christl Verduyn, ont choisi le nom de Réseau d’études canadiennes | Canadian Studies Network (RÉC | CSN) pour désigner la nouvelle association constituée en 2010, le nom indiquait l’importance de la communauté pour la réussite du travail intellectuel et des pratiques critiques. Après tout, les réseaux sont constitués de personnes et lorsque je me souviens de mes années au Conseil d’administration du RÉC | CSN, je n’ai que de la gratitude envers les talents précieux et uniques qui apportait chaque membre au groupe : Andrea Beverly, Kevin Spooner, Jaime Yard, Pamela Sing, Dominic Hardy, Tony Tremblay, et Gemma Marr, et envers Karli Whitmore, dont les compétences administratives permettent au réseau de fonctionner harmonieusement.
En tant qu’administrateurs et administratrices, nous mettons l’accent sur la recherche, en particulier celle des jeunes chercheurs et chercheuses et des étudiants et étudiantes de maîtrise et de doctorat. Grâce à deux initiatives mises en œuvre par Gemma Marr, représentante des étudiants aux cycles supérieurs - un vaste sondage auprès des étudiants et l’ajout de portraits dans la section « Espace étudiant » du site Web - la recherche étudiante a bénéficié d’une visibilité accrue. Sous l’impulsion d’Andrea Beverly, le RÉC | CSN, a animé une session sur la recherche dans le cadre de l’Assemblée générale du Conseil international des études canadiennes | International Council for Canadian Studies (CIÉC | ICCS) à Ottawa, événement que j’ai eu le plaisir de co-organiser et de présider. À cette période, le CIÉC estimait qu’il y avait près de 7 000 chercheurs et chercheuses en études canadiennes dans le monde entier et échanger avec les représentants et représentantes de leurs associations était une expérience encourageante pour les chercheurs et chercheuses canadiens qui devaient faire face à des défis récurrents. Lors de mes années à siéger au sein du Conseil d’administration du RÉC | CSN, il y avait des difficultés dont une baisse des adhésions ; des coupes budgétaires qui ont entraîné un affaiblissement progressif des institutions, y compris du CIÉC | ICCS ; une crise d’imputabilité dans toutes les universités et la société ; et la pandémie du COVID-19. Avant 2020, le RÉC | CSN tenait ses assemblées annuelles dans le cadre de colloques d’études canadiennes et s’efforçait de les organiser dans un lieu différent chaque année. Conscientes du déclin des adhésions et souhaitant accueillir davantage de membres francophones, Andrea Beverly et moi-même, nous sommes rendues à Saint-Boniface où était organisée l’assemblée générale en 2018 et en 2019, les membres du RÉC | CSN se sont retrouvés au Colloque de l’Association d’études canadiennes aux États-Unis à Montréal.
En 2020, les circonstances nous ont forcés à passer en ligne et les années suivantes, les réunions en ligne et hybrides sont devenues des pratiques courantes avec des avantages et des inconvénients. Pour pallier la baisse du nombre de nos membres, nous avons activement cherché à élargir le RÉC | CSN et, tout en reconnaissant que la plupart des travaux sur le Canada et le Québec sont effectués au sein de divers disciplines, nous avons entrepris d’accroître la participation des chercheurs et chercheuses issus de divers programmes en invitant les collègues travaillant dans des institutions qui n’ont pas de programmes spécifiques en études canadiennes et québécoises, à siéger aux comités des prix du RÉC | CSN. Cette stratégie a mis en lumière le fait que, bien que les programmes continuent à être supprimés ou à évoluer en nouveaux champs d’étude, des travaux remarquables portant sur des enjeux touchant les nombreuses nations et identités représentées au sein de l’État canadien continuent d’être menés — et qu’ils méritent d’être reconnus et célébrés.
Il n’a jamais été aussi urgent d’aborder de manière critique l’idée du Canada et c’est au sein des programmes d’études canadiennes existants ainsi qu’à travers d’autres disciplines que cet engagement prend forme.
Pamela Sing, Campus St-Jean, Université de l’Alberta (2021-2023)

J’ai été présidente du Réseau d’études canadiennes | Canadian Studies Network (RÉC | CSN) de 2021 à 2023. J’ai pris ma retraite du Campus St-Jean, le campus francophone de l’Université de l’Alberta en 2019 mais comme j’ai beaucoup aimé mon expérience en qualité de directrice de l’Institut d’études canadiennes de 2015 à 2018 sur le Campus St-Jean, j’ai décidé d’accepter le poste de vice-présidente du RÉC | CSN pour 2020-2021.
En tant que présidente de 2021 à 2023, j’ai eu l’immense chance de travailler aux côtés d’Anthony Tremblay, de l’Université Saint-Thomas, qui occupait le poste de secrétaire-trésorier. Son attention judicieuse aux détails et sa volonté d’engager le dialogue étaient indispensables à la pérennité de l’organisation. Ensemble, nous nous sommes attaqués, à contre-cœur mais avec efficacité, à l’épineuse question d’un déficit financier grandissant en proposant d’abord des ajustements aux taux d’adhésion du RÉC | CSN et dans un second temps, aux bourses associées à nos nombreux prix.
Outre le défi mentionné ci-dessus d’assurer la viabilité financière future de l’organisation, j’ai rempli les fonctions habituelles de la présidence du RÉC | CSN, toutes liées à l’objectif fondamental de l’organisation : célébrer et susciter l’intérêt et la recherche pour les études canadiennes. Je souhaite attirer l’attention sur le travail que j’ai mené relativement à nos nombreux prix conçus pour atteindre cet objectif. La réalisation dont je suis la plus fière concerne la composition des jurys de prix : j’ai invité les collègues francophones à siéger à chacun de nos jurys de prix. La plupart ont accepté mon invitation et ma proposition qu’ils devaient d’abord se joindre au RÉC | CSN en tant que membre. Cette stratégie a permis d’accroître la visibilité des francophones et des études francophones au sein de l’organisation et d’encourager la soumission de travaux de recherche en français ou du moins portant sur les enjeux francophones dans nos différentes catégories de prix. Il s’agissait d’une première étape importante pour assurer l’inclusivité et la diversité d’une organisation canadienne de manière significative. En outre, la participation des francophones aux jurys nous a permis d’économiser à réduire les coûts de traduction de l’organisation.
La personne à la présidence du RÉC | CSN s’assure habituellement que les lauréats et lauréates de nos prix de la Meilleure thèse de doctorat et du Meilleur livre soumettent leurs travaux aux Prix Brian Long et Pierre Savard du Conseil international des études canadiennes | International Council for Canadian Studies (CIÉC | ICCS). Peut-être de façon exceptionnelle, en ma qualité de vice-présidente puis de présidente, je me suis permis de réviser, lorsque nécessaire, leurs résumés et leurs lettres. J’ai également participé aux réunions annuelles du CIÉC | ICCS et rapporté les nouveaux développements aux membres du RÉC | CSN.
En 2023, je suis allée au-delà de ces tâches : à la demande du CIÉC | ICCS, j’ai écrit une lettre au Comité sénatorial canadien des affaires étrangères et du commerce international concernant le rétablissement du programme « Comprendre le Canada | Understanding Canada ». Après avoir soumis cette lettre, je suis devenue présidente sortante, mais le Comité sénatorial permanent des affaires étrangères et du commerce international m’a néanmoins invitée à assister à sa réunion du 27 avril 2023. Ce fut l’occasion pour moi de partager mes réflexions sur la manière dont les programmes d’études canadiennes, la culture et les arts font progresser les intérêts du Canada partout dans le monde. Bien que le gouvernement n’ait pas encore rétabli le programme, il est gratifiant de constater que le Comité sénatorial accorde de l’importance à la perspective du RÉC | CSN.
Chantal Richard, Université du Nouveau-Brunswick (2023-2025)

Je me suis jointe au Conseil d’administration du Réseau d’études canadiennes | Canadian Studies Network (RÉC | CSN) comme vice-présidente en novembre 2022 sous la présidence de Pamela Sing. Sa collégialité et son soutien ont joué un rôle clé pendant cette transition, en particulier au moment où j’ai assumé le rôle de présidente en mars 2023, poste que j’ai occupé pendant deux années.
Durant ma présidence, j’ai organisé deux assemblées générales annuelles et participer virtuellement aux réunions générales annuelles du Conseil international des études canadiennes | International Council for Canadian Studies (CIÉC | ICCS) qui avaient lieu en juin. En tant que représentante du RÉC | CSN auprès du CIÉC | ICCS, j’ai siégé à deux reprises aux comités d’adjudication du Prix international du Gouverneur général en études canadiennes. J’ai également soumis des nominations annuelles au nom du RÉC | CSN pour à la fois le Prix international du Gouverneur général et le Prix Pierre Savard.
Mes responsabilités consistaient principalement à superviser l’administration des concours du RÉC | CSN. Cela inclut notamment la coordination de la formation des jurys, la supervision des processus d’adjudication, ainsi que la remise des prix dans les catégories suivantes : meilleur livre, meilleur ouvrage collectif, meilleur article, meilleure thèse de doctorat, meilleur mémoire de maîtrise et meilleur essai au niveau du premier cycle. Compte tenu des contraintes budgétaires, nous avons apporté plusieurs réformes modestes mais significatives. Les bourses des catégories non-étudiantes ont été abandonnées, ce qui a permis un soutien financier accru pour les prix destinés aux étudiantes et étudiants. Par ailleurs, des certificats officiels ont été instaurés et remis à l’ensemble des lauréats et lauréates, offrant ainsi une forme de reconnaissance symbolique peu onéreuse.
Des ajustements supplémentaires ont été mis en œuvre afin d’améliorer l’équité et l’accessibilité. Pour remédier à la sous-représentation relative des bourses en français et répondre à l’augmentation du volume des soumissions, les catégories Meilleur livre et Meilleur ouvrage collectif ont été subdivisées selon la langue. Ce changement a non seulement permis de rendre le processus d’évaluation plus équitable mais aussi d’alléger la charge des jurés qui devaient auparavant posséder des compétences linguistiques en français et en anglais. Enfin, une catégorie de reconnaissance spéciale a été introduite pour reconnaître les soumissions qui s’impliquent de manière significative dans les principes et appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation du Canada.
En juin 2024, j’ai contribué à la communauté de chercheurs élargie en évaluant vingt-cinq propositions de communication pour le Colloque d’été du Réseau de la recherche sur la francophonie canadienne. J’ai aussi présidé un panel au Sommet au sujet des études canadiennes à l’étranger 2024 qui a eu lieu en ligne le 10 juin 2024 et organisé, en collaboration avec le CIÉC | ICCS et le Centre Robarts de l’Université York. Bien que mon mandat de vice-présidente puis de présidente du RÉC | CSN était relativement bref, il m’a offert de nombreuses opportunités gratifiantes. Parmi celles-ci figuraient des échanges avec des collègues de divers contextes internationaux, la découverte de recherches innovantes sur le Canada ainsi que la contribution à un réseau de chercheurs et chercheuses dynamique, dévoué à approfondir la compréhension du paysage politique, culturel et social complexe et en constante évolution du Canada.
